De Tacaud à Toyota : la guerre au Tchad (1978-1987)

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De Tacaud à Toyota : la guerre au Tchad (1978-1987)

Message  adj_rohan le Lun 4 Fév - 20:52

février 2, 2013 par Stephane Mantoux


Merci à M. Yves Cadiou, ancien commandant de la 1ère compagnie, 3ème RIMa, pour son éclairage personnel sur le conflit.



Entre 1978 et 1987, la Libye du colonel Kadhafi, récemment disparu1
au terme du soulèvement qui précipite la chute de son régime, intervient par quatre fois au Tchad. Si la Libye s’est impliquée dans la guerre civile au Tchad avant même la révolution qui porte au pouvoir Kadhafi en septembre 1969, les interventions militaires du dictateur visent avant tout à mettre la main sur le territoire contesté du nord du Tchad, la fameuse bande d’Aouzou. Kadhafi cherche sans doute à faire du Tchad une « république islamique », à l’image de la Libye, un état-client qui pourrait servir de tremplin à ses ambitions en Afrique centrale2.
Pour ce faire, Kadhafi s’appuie sur des mouvements rebelles tchadiens qui fournissent plus ou moins grâcieusement une infanterie d’appoint et une force de reconnaissance bien utiles pour une armée libyenne construite selon un schéma conventionnel. La France, de son côté, vient à trois reprises au secours des différents gouvernements tchadiens menacés par des rebelles soutenus par Kadhafi -en 1978, en 1983 et enfin en 1986.



Au final, l’armée libyenne, privée de ses alliés tchadiens, est vaincue par les tactiques mises en oeuvre par l’armée d’Hissène Habré, utilisant de nouveaux matériels (automitrailleuses, pick-ups Toyota, missiles antichars MILAN, missiles sol-air Redeyes). Mobilité stratégique, manoeuvres tactiques, attaques « en essaim », effet de surprise, raids en profondeur dans le dispositif adverse, tels ont été les moyens qui ont permis aux Tchadiens de l’emporter dans ce que l’on a parfois baptisé la « guerre en Toyota ». A l’heure de l’intervention française au Mali (opération Serval), il n’est pas ininteréssant de revenir sur ces opérations qui rappellent, par certains côtés, celles se déroulant actuellement aux lisières du Sahel, dans la tradition du rezzou3.

La Libye, Kadhafi et le Tchad

L’implication libyenne au Tchad remonte bien avant 1969, année du coup d’Etat de Kadhafi. En 1965, des rebelles tchadiens créent le FROLINAT4 contre la présidence autoritaire et de plus en plus isolée de François Tombalbaye5.
En août 1968, les Toubous de la Garde Nationale et Nomade se mutinent dans l’Aouzou. Les relations entre la Libye et le Tchad sont anciennes en raison des migrations nomades entre les deux pays, et la sénoussiya, confrérie de Muhammad al-Sénoussi née au XIXème siècle en Cyrénaïque, creuset du nationalisme libyen, avait essaimé au sud, dans le Tibesti, près du lac Tchad et jusqu’au Darfour pour contrer la conquête de l’Algérie française et étendre son influence. En outre la Libye a des revendications non satisfaites sur la partie nord du Tchad qui remontent au temps de la colonisation italienne. Cependant, le roi Idris Ier6 ne veut pas d’une confrontation avec le pouvoir tchadien soutenu par la France, et ne fournit pas d’armes aux rebelles, simplement une aide logistique et un sanctuaire.


Tout change avec l’arrivée au pouvoir de Kadhafi. Celui-ci revendique rapidement la bande d’Aouzou, au nord, soit un sixième du Tchad, en se référant à un traité non ratifié conclu en 1935 entre l’Italie, qui tient alors la Libye, et la France qui occupe le Tchad. Kadhafi ne s’embarrasse pas des précautions d’Idris7 et fournit un armement aux rebelles du FROLINAT8.
En 1971, celui-ci lance un coup d’Etat contre Tombalbaye qui manque de peu de réussir. Le président tchadien, voyant sa position s’affaiblir, convient alors qu’il doit négocier avec Kadhafi. En décembre 1972, il accepte l’occupation de la bande d’Aouzou par la Libye en échange de l’arrêt du soutien au FROLINAT. Six mois plus tard, les troupes libyennes investissent la région et ses principales villes, et créent une base aérienne près de l’oasis d’Aouzou. Pour Kadhafi, l’occupation de la bande d’Aouzou (qui recèle des richesses supposées en uranium) est aussi le moyen de placer la Libye comme pôle de puissance régionale, tout en se protégeant au sud contre l’Egypte avec lesquelles les relations sont au plus mal depuis 197
39. Un vrai test de puissance pour la Libye, face à la France, l’ancien colonisateur, qui tente de modérer Kadhafi en augmentant les échanges commerciaux, y compris militaires, tout en restant très circonspecte sur l’intervention libyenne au Tchad.


Le 13 avril 1975, Tombalbaye est renversé et tué par l’armée qui porte au pouvoir le général Félix Malloum. L’un des motifs du coup d’Etat est la reculade devant la Libye : Malloum dénonce aussitôt le traité signé par son prédécesseur et reprend le soutien aux rebelles libyens opérant depuis le Tchad. Kadhafi fait de même de son côté : les rebelles sont organisés désormais au sein de la 1ère armée de libération dirigée par Ahmed Acyl, surtout composée d’Arabes du Tchad, et de la 2ème armée de libération menée par Goukouni Oueddei et Hissène Habré (comprenant des Toubous, mais de différents clans, du nord du Tchad). Cette dernière armée va bientôt se scinder sur la question du soutien libyen : Habré, qui y est hostile, se dégage du FROLINAT et opère seul, tandis que Oueddei crée les Forces Armées Populaires avec le soutien de Tripoli. Kadhafi entame une campagne de communication laissant entendre qu’il pourrait annexer la bande d’Aouzou : à la fin de l’année, l’armée libyenne, aux côtés du FROLINAT, occupe déjà, de fait, le tiers nord du Tchad.

La première intervention libyenne (1978)

En 1978, l’armée libyenne aide le FROLINAT à passer à une guerre conventionnelle contre le régime de Malloum
et internationalise, en quelque sorte, le conflit tchadien. En janvier, les forces de Goukouni, bien ravitaillées en AK-47, en bazookas, en mortiers de 81 et 82 mm et en canons sans recul, occupent le Tibesti, au nord-ouest du Tchad. Puis le FROLINAT se tourne vers le sud avec le soutien libyen. Les rebelles fournissent la reconnaissance du terrain et l’infanterie, Kadhafi les blindés, l’artillerie et l’aviation. En février, 2 500 rebelles, soutenus par 4 000 Libyens, attaquent la ville de Faya Largeau, au centre-nord du Tchad. Les 5 000 hommes de l’armée tchadienne sont rapidement dépassés par la puissance de feu des chars et des avions libyens : 1 500 défenseurs sont capturés. Les rebelles tchadiens déploient un armement de plus en plus sophistiqué, puisqu’ils
sont déjà équipés de missiles sol-air portables SA-7 et de LRM10 BM-16 qui ont joué un rôle important dans la victoire au sol.



Une force de 800 Libyens reste à Faya Largeau et l’offensive reprend en avril vers N’Djamena. Malloum demande alors l’aide de la France, qui dépêche au total 2 200 hommes et des chasseurs-bombardiers Jaguar11 : c’est l’opération Tacaud12. Les Jaguars opèrent en toute impunité car les MiG et Mirage libyens ont reçu l’ordre de ne pas les affronter directement. Le régime de Malloum bénéficie donc de la supériorité aérienne. En outre, les forces françaises reçoivent l’autorisation d’être engagées dans les combats au sol dès la bataille à Salal (15-25 avril). Dans une série de batailles près de N’Djamena et Ati en mai et devant Djedaa en juin, les
troupes gouvernementales soutenues par la France repoussent le FROLINAT, qui a perdu 2 000 hommes et un important matériel, jusque dans la bande d’Aouzou. Les troupes françaises jouent un rôle important lors des batailles d’Ati13 et de Djedaa : s’ouvre d’ailleurs pour la France, et pour une armée dont le rôle des unités professionnelles s’amplifie, l’ère des opérations dites extérieures, et en particulier celles en milieu désertique.


Malloum s’entend ensuite, fin 1978, avec Hissène Habré, rapidement nommé Premier Ministre, qui a bâti une force solide de 2 000 soldats Toubous.
Au sein du FROLINAT, l’échec de 1978 ravive la querelle à propos du soutien libyen. La 1ère armée de libération (appelée aussi armée Volcan) y reste favorable, mais n’est pas très efficace sur le plan militaire. Goukouni, méfiant envers les intentions des Libyens, ne veut s’allier à ces derniers que de manière temporaire. En février 1979, Habré chasse Malloum de N’Djamena et défait l’armée gouvernementale. Goukouni arrive immédiatement vers la capitale pour contester la prise du pouvoir par Habré. Finalement, Habré, Goukouni et le colonel Wadal Kamougue, qui commande les restes de l’armée régulière, s’accordent sur le souhait de chasser les Libyens du Tchad et forment le
GUNT14.




La deuxième intervention libyenne (1979)

Kadhafi réagit en ordonnant l’invasion du nord du Tchad en 1979. Plusieurs milliers d’hommes appuyés par des blindés et un soutien aérien, ainsi que l’armée Volcan, marchent sur Faya Largeau. Mais les Libyens ne disposent plus de l’habileté tactique des Toubous et Goukouni repousse l’assaillant avec le soutien aérien français autour de Faya Largeau entre avril et août 1979.

Habré prend cependant l’ascendant sur ses partenaires et chasse le GUNT de N’Djamena le 16 mars 1980, rebaptisant son armée les FAN15.
D’abord battues par Goukouni au nord de N’Djamena, Habré parvient à chasser les forces du GUNT au nord, reprenant Faya Largeau et Ounianga Kebir ainsi que les plaines septentrionales des Toubous. Le 1er avril, Habré écrase le colonel Kamougue au sud de N’Djamena, privant Goukouni de son seul allié possible. Celui-ci doit donc demander, à nouveau, l’appui libyen.


Kadhafi
souhaite retourner au Tchad, mais a compris que Goukouni n’est pas un allié fiable et qu’il doit accroître son engagement. Le GUNT est regroupé et encadré au sud de la Libye. Goukouni doit accepter qu’un officier libyen, Mansur Abd al-Aziz, prenne la tête des forces du GUNT. En août 1980, Kadhafi concentre des unités régulières et d’autres de la Légion islamique16 à Sabha, au sud de la Libye. En octobre 1980, avant qu’Habré ait pu consolider davantage sa mainmise sur le pouvoir, l’armée libyenne, le
GUNT et l’armée Volcan passent à l’offensive au Tchad. Kadhafi engage 7 000 soldats réguliers avec 300 chars T-55, plusieurs batteries de LRM BM-21 Grad, une bonne partie de la Libyan Air Force et 7 000 hommes de la Légion Islamique. Pour maintenir à distance l’aviation française, une imposante DCA comprenant des SAM mobiles SA-6 et des canons automoteurs ZSU-23/4 fournit un parapluie antiaérien. Le GUNT et l’armée Volcan rajoutent 6 à 7000 combattants au total. En face, Habré ne dispose que de 4 000 soldats à peine, sans armement lourd.


La troisième intervention libyenne (1980-1981)

Les Libyens commencent leur offensive en aérotransportant des troupes dans la bande d’Aouzou et foncent sur Faya Largeau. Fin octobre, l’attaque se développe et les FAN sont terrifiées par la uissance de feu libyenne. Les hommes du GUNT détectent les positions adverses, puis les Libyens arrivent sur zone, se retranchent et font donner les chars, l’artillerie et l’aviation devant lesquels les FAN sont totalement dépourvues. Les raids aériens libyens, en particulier, sèment souvent la panique parmi les soldats tchadiens ; s’ils ne s’enfuient pas, les chars, ou en dernier recours les hommes du GUNT, achèvent le travail.

Début novembre, les Libyens sont maîtres de Faya Largeau et en font une base logistique. A la fin du mois, ils sont à 60 km au nord de N’Djamena, à Dougia, où Habré a replié ses troupes pour un ultime combat. L’assaut sur la capitale, coordonné par des conseillers soviétiques et est-allemands, commence le 8 décembre et il est d’abord mené par le GUNT. Les Libyens dépêchent cependant en soutien de 3 à 5 000 hommes, 200 chars T-55 et toute leur artillerie, LMR compris. Les combats sont acharnés et les Libyens expédient pas moins de 10 000 obus pendant les
trois derniers jours de la bataille. La ville tombe le 15 décembre. Kadhafi a réalisé son objectif : Goukouni est maître de N’Djamena mais doit sa position à la Libye, et aux 15 000 soldats libyens présents au Tchad. La campagne représente un véritable succès logistique pour l’armée libyenne mais s’est révélée coûteuse : 1 500 tués et probablement de 4 à 6 000 blessés dans le camp de Kadhafi.


En janvier 1981, celui-ci tente de forcer la main à Goukouni venu à Tripoli en lui proposant une fusion entre le Tchad et la Libye. Goukouni, rentré à N’Djamena, rejette violemment les offres de Kadhafi et les troupes du GUNT affrontent les Libyens près d’Abéché en avril 1981. Réalisant qu’il est allé trop loin, Kadhafi retire ses troupes dans la bande d’Aouzou en octobre – un autre exploit logistique de la part des Libyens. Mais Habré, lui, a reconstruit les FAN au Soudan17, soutenu par plusieurs Etats occidentaux et arabes (France, Etats-Unis,
Egypte) qui voient d’un mauvais oeil la mainmise libyenne sur le Tchad. En mai 1982, les FAN reviennent au Tchad et le 5 juin, à Massaguet, au nord de N’Djamena, Habré écrase les troupes du GUNT. Celles-ci se replient vers leur place forte du Tibesti tandis que Oueddei se réfugie au Cameroun. Le 7 juin, Habré entre dans N’Djamena et se proclame président du Tchad. Kadhafi recueille les troupes du GUNT mais ne contre-attaque pas tout de suite : il veut se préserver le soutien de l’Afrique et hésite à investir tant d’efforts pour un gain politique jusque là assez faible. Il préfère consolider ses troupes dans la bande d’Aouzou.


La quatrième intervention libyenne (1983-1986)

C’est en 1983 seulement que Kadhafi se sent prêt pour une nouvelle offensive au Tchad. 11 000 hommes sont déployés dans la bande d’Aouzou, surtout des réguliers car la Légion Islamique n’a pas donné satisfaction en 1981. Mais Kadhafi n’envoie que quelques milliers d’hommes, surtout des unités l’artillerie et de logistique, et cherche à faire porter le gros des combats sur le GUNT. En avril 1983, les Libyens et le GUNT défont la garnison de Dirbali : 142 hommes des FAN sont tués et 252 capturés sur 1 700 au total. Le 25 juin, le GUNT prend Faya Largeau, puis Abéché et marche sur N’Djamena. Habré rallie le reste de son armée, désormais baptisée FANT18, et affronte le GUNT près d’Abéché en juillet. Il écrase les troupes du GUNT, reprend Abéché puis Faya Largeau et menace d’entrer dans la bande d’Aouzou.

La
défaite de Goukouni pousse Kadhafi à intervenir, cette fois-ci en force. Sans l’appui des chars et de l’aviation libyenne, le GUNT est condamné à l’échec face aux FANT. Or Kadhafi ne peut se permettre de laisser Habré l’emporter : outre la perte de prestige que cela occasionnerait, Habré soutiendrait aussitôt les mouvements rebelles libyens pour le déstabiliser. Ainsi, en août 1983, une autre invasion du Tchad a lieu, éclairée par les hommes du GUNT. Les Libyens engagent 11 000 hommes, presque tous réguliers, des chars, des véhicules blindés, de l’artillerie, 80 avions de combat, mais qui restent encore dans un rôle de soutien derrière le GUNT. Habré, de son côté, a concentré ses 5 000 hommes autour de Faya Largeau, le long de la route traditionnelle d’invasion. Le 10 août, les Libyens et le GUNT passent à l’assaut précédés d’un déluge d’artillerie, de LRM et de chars, et d’un pilonnage effectués par les Su-2219 et les Mirages opérant depuis la bande d’Aouzou et par les Tu-16 décollant de Sabha. Les FANT sont rapidement débordées par les attaques du GUNT appuyées par les chars libyens. Habré ordonne la retraite après avoir perdu 700
tués, mais parvient à s’échapper sur N’Djamena.


Habré, à l’image de Malloum en 1978, demande alors l’appui français, d’autant plus facilement accordé que les Etats-Unis eux-mêmes sont alors aux prises avec Kadhafi, et poussent Paris dans ce sens. L’opération Manta, lancée le 10 août, déploie rapidement 3 500 hommes20 et plusieurs escadrilles de Jaguars au Tchad. Quand les Libyens et le GUNT se remettent en marche, les Français ont établi une ligne défensive le long du 16ème parallèle, de Salal à Abéché d’ouest en est. Habré se sert de la protection française pour contre-attaquer : début septembre, à Oum Chalouba, au centre du
Tchad, au sud-est de Faya Largeau. Assuré du
parapluie aérien français, les FANT reprennent Oum Chalouba le 6 septembre et Faya Largeau quelques semaines plus tard. Kadhafi répond en envoyant ses appareils larguer du napalm et du phosphore blanc, qui tuent de nombreux civils dans les deux localités. Habré lance une incursion dans la bande d’Aouzou, mais la France refuse de mener des opérations aériennes offensives en soutien. En outre les FANT s’essoufflent : Habré s’est assuré le concours de 2 000 soldats zaïrois, mais la force réunie ainsi manque de cohésion. Et les Libyens défendent davantage la bande d’Aouzou qu’ils considèrent maintenant comme faisant partie du territoire national.


En avril 1984, la guerre étant dans l’impasse21, la France propose à la Libye un retrait mutuel des troupes au Tchad. Un accord est signé en septembre et les troupes françaises partent en novembre22.
Les Libyens maintiennent cependant secrètement 6 000 de leurs soldats dans le nord du Tchad. Loin de se retirer, ils améliorent les routes entre leur territoire et la bande d’Aouzou et construisent une nouvelle base aérienne à Wadi Doum, au nord-est de Faya Largeau, pour mieux appuyer les opérations au-delà de la bande d’Aouzou. Dès décembre 1984, les Libyens reprenent l’offensive au Tchad. Ils demeurent cependant prudemment au nord du 16ème parallèle. A la mi-1985, les Libyens alignent 7 000 hommes, 300 chars et 60 avions de combat. Le GUNT, qui a supporté l’essentiel des pertes dans les dernières années de guerre, ne compte plus que 2 à 3 000 combattants. Les Libyens doivent donc assumer davantage les opérations militaires et se reposent sur leur puissance de
feu pour l’emporter.


1Il est capturé puis tué dans les environs de Syrte, le 20 octobre 2011.

2Le Tchad est clairement, pour Kadhafi, l’enjeu d’une stratégie de puissance.

3Terme
emprunté à l’arabe et qui désigne une bande armée constituée pour des raids de pillage, des incursions rapides et brusquées : par extension, désigne le raid lui-même.


4Front de Libération Nationale du Tchad.

5Premier président de la République du Tchad, à partir de l’indépendance en 1960.

6Souverain de la Libye depuis l’indépendance, en 1951.

7Dont il a d’ailleurs renvoyé la garde, composée de Toubous, avec armes et bagages, au Tchad, dès 1969.

8La France intervient dès 1969, et jusqu’en 1972 (opération Limousin),
pour soutenir le régime de Tombalbaye, avec plus de 2 500 hommes à
l’effectif maximum. L’armée française perd 39 tués et 102 blessés. C’est
la première intervention majeure dans une ex-colonie depuis la fin de
la guerre d’Algérie, en 1962.


9Une
courte guerre frontalière, qui voit la défaite de la Libye, éclate
d’ailleurs en juillet 1977, alors que Kadhafi s’engage de plus en plus
au Tchad.


10Lance-Roquettes Multiples.

11230 hommes et 54 véhicules arrivent dès le 28 février. 10 Jaguars sont déployés le 27 avril.

12Du nom d’un poisson de l’Atlantique. Elle dure de mars 1978 à mai 1980. Les Français perdent 18 tués au combat et 2 Jaguars abattus pendant l’opération Tacaud. Pour en savoir plus sur l’opération : http://operationtacaud.wordpress.com/

13Le
19 mai 1978, la 3ème compagnie du 3ème RIMa déloge le FROLINAT d’Ati :
80 ennemis tués, 7 véhicules détruits, 2 canons bitubes de 14,5 mm, un
canon sans recul de 75 mm, un mortier de 120 mm et un mortier de 81 mm, 6
mitrailleuses, 2 RPG-7 et 70 AK-47 sont capturés. Au prix de 2 tués et
plusieurs blessés.


14Gouvernement d’Union Nationale de Transition.

15Forces Armées du Nord.

16Force paramilitaire panarabe créée par Kadhafi pour servir ses ambitions en 1972.

17L’aviation
libyenne bombarde les camps des troupes d’Hissène Habré, puis la ville
d’El-Geneina, au Darfour, le 16 septembre 1981, avec 2 SF-160. Puis un
bombardier Tu-22B attaque une station de télévision à Ondourman.


18Forces Armées Nationales du Tchad.

19La seule perte aérienne libyenne pendant cette période est un Su-22.

20En janvier 1984. Les pertes se montent au total à 13 morts, 8 blessés et 2 Jaguars perdus.

21L’intervention
française n’est pas conçue par le pouvoir politique -socialiste- de
l’époque comme devant chasser Kadhafi et le GUNT du nord du Tchad. Le 24
janvier 1984, un raid du GUNT et des Libyens sur un avant-poste des
FANT à Ziguey aboutit à la capture de deux otages occidentaux. Des Jaguars sont envoyés intercepter la colonne mais en raison de lenteurs entre le commandement de Manta et Paris, l’ordre d’attaquer n’intervient qu’une bonne heure plus tard : le Jaguar du capitaine Michel Croci, touché par un obus de 23 mm, s’écrase, tuant son pilote.


22L’opération de retrait est baptisée Silure côté français.

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