Nouveaux locaux pour le Déminage de l'Aisne

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Nouveaux locaux pour le Déminage de l'Aisne

Message  Wearing of the Grey le Mar 12 Nov - 19:43

origine :
           http://www.courrier-picard.fr/region/le-bel-outil-des-demineurs-ia0b0n236122
           http://www.aisnenouvelle.fr/article/departement/deminage-des-nouveaux-locaux-explosifs

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AISNE/Déminage : des nouveaux locaux
Publié le mercredi 16 octobre 2013
par Benoît PELLOQUIN

AISNE - Lundi, le service de déminage de l’Aisne a inauguré ses nouveaux locaux au lieu-dit La Poudrière.
80 hectares où pourront être stockées jusqu’à 40 tonnes de munitions par an.



Le préfet est attentif aux explications de François Vincent.

C'est une inauguration qui s'est déroulée en grandes pompes, à la hauteur de l'événement, en  présence du préfet de l'Aisne,
Hervé Bouchaert, et du directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises,  Michel Papaud.
Et la nouvelle adresse du centre de déminage de l'Aisne ne pouvait pas mieux porter son nom : au lieu-dit La Poudrière, entre Crépy et Fourdrain.
Cet ancien dépôt de l'armée de l'air, ouvert en 1953, et ses 19 soutes à munitions abritent désormais les bureaux du service de déminage de la
sécurité civile et ses huit démineurs, dirigés par le commandant de police François Vincent, chef du service.
« On va respecter la réglementation du stockage des munitions », a-t-il affirmé d'emblée.
Près de 40 tonnes de munitions anciennes tirées mais non explosées termineront leur course dans ces soutes pouvant accueillir jusqu'à deux
tonnes de munitions chacune et jumelées par trois, une précaution en cas d'incendie.
« Au-delà de deux tonnes, elles sont détruites au centre militaire de Sissonne », explique François Vincent.
Le site assurera également le stockage des matériels de mise en œuvre utilisés par les 23 centres de déminage interdépartementaux
répartis sur tout le territoire français.
607 demandes de déminage en 2012
C'est le Service inter-armées des munitions (SIMU) qui a proposé le déménagement du centre de déminage du département,
anciennement basé au fort de Montbérault, à La Poudrière.
Le SIMU va reprendre possession de ce fort inadapté aux besoins des démineurs (huit hectares seulement) et envisage de le céder
avant la fin 2013 aux communautés d'agglomération de Laon et des villes d'Oyse.
« L'Aisne est une terre militaire. Ce département a été le théâtre de nombreuses batailles », a réagi le préfet qui a parlé d'amélioration du service.
Avec 607 demandes de déminage en 2012 dans le département, nul doute que ces nouveaux locaux vont améliorer ce service.

Le déminage dans l’Aisne

Quelques chiffres permettent de souligner et mettre en valeur l'activité déminage dans le département :
- 70 comme le nombre de jours par an où des munitions sont détruites au centre militaire de Sissonne ;
- 150-180 : en tonnes, le nombre de munitions détruites par an dans l'Aisne ;
- 600-700 : en tonnes, le nombre de munitions récupérées par les démineurs dans le département
                     (obus de 10,5 mm, 15 mm, 75 mm, de 77 mm, etc.) ;
- 80 comme le pourcentage des munitions retrouvées issues de la Première Guerre mondiale.


Le « bel outil » des démineurs
PUBLIÉ LE 11/11/2013
Par NICOLAS TOTET

Le service de déminage du département de l'Aisne s'est idéalement installé en septembre sur l'ancien site des munitions
de l'armée de l'air à Crépy. Son nom : la Poudrière.


Ces caisses de mortiers et d'obus sont stockées dans la première des vingt soutes.
L'armement sera ensuite acheminé sur le site de Sissonne pour y être détruit sous terre avec des mines.

Chaque 11 novembre, la France célèbre l'Amistice de 1918.
Mais toute l'année, d'autres hommes s'appliquent à ce que la Grande Guerre ne tue plus : les démineurs.
Le département de l'Aisne est l'un des plus concernés de France par les engins de mort qui hantent ses entrailles. Son service du déminage
a pris possession en septembre de la bien nommée « Poudrière », site abandonné par l'armée de l'air, sur le territoire de Crépy-en-Laonnois :
exit le fort de Bruyère-et- Montbérault et son bungalow précaire occupé depuis quarante ans.

La Poudrière est un site spacieux et sécurisé de 80 hectares.
Les démineurs y disposent d'un vaste immeuble pour leurs bureaux et surtout d'un site de stockage exceptionnel, solide et ayant fait ses preuves.
À quinze mètres sous terre, au-dessous d'un terrain clôturé de barbelés, vingt soutes maçonnées il y a soixante ans peuvent abriter, en théorie,
jusqu'à 200 tonnes de munitions.
Pendant des décennies, l'armée de l'air y a stocké ses missiles conventionnels pour ses avions de chasse des bases de Creil, Cambrai et Reims.

« Nous disposons désormais d'un dépôt aux normes sur un site existant et parfaitement sécurisé.
C'est un bel outil pour travailler dans de bonnes conditions », affirme François Vincent, chef du centre de déminage dit « de Laon ».
Avec une telle capacité de stockage de munitions, la Poudrière est désormais le premier site de France, certifie-t-il.
« Des moins bien installés, nous voici aujourd'hui les mieux dotés de France.
On a l'impression d'avoir gagné au loto », savoure le chef, à la tête d'une équipe de huit démineurs.

Deux anciens ouvriers d'État assurent la maintenance du site, jusqu'à leur prochaine mise à la retraite.
Un maître-chien et un système d'alarme protègent ses abords.

Le stockage des munitions centenaires à la Poudrière reste temporaire. L'armement est ensuite détruit sur le site de Sissonne.
Les armes chimiques, elles, ne sont plus envoyées en baie de Somme depuis 1995 : elles sont transférées au centre de Suippes, dans la Marne.

« Plusieurs siècles pour tout retrouver »

Dans l'Aisne, les obus d'artillerie de 14-18, représentent 95 % des 550 à 700 demandes annuelles d'enlèvement.
« Les mouvements de sol font remonter les obus.
On estime qu'un tiers d'entre eux n'ont pas fonctionné pendant la Première guerre.
Un général américain considère qu'il faudra plusieurs siècles pour tout retrouver », expose un démineur.

Le secteur du Chemin des Dames est un nid à découvertes mais aussi Saint-Quentin-Gauchy et ses environs de la ligne Hindenburg.
« Quasiment à chaque chantier de construction, là-bas, on est appelés pour dégager des obus », rapporte Philippe Parent, brigadier de 42 ans.
Intervenu en Yougoslavie et au Tchad par le passé, il a rejoint la Sécurité civile en 2009.
Il y a quelques jours, à l'appel d'un agent de l'Office national des forêts, Philippe Parent est intervenu en forêt de Retz à Villers-Cotterêt où,
fait plus rare dans l'Aisne, dix obus allemands datant de la Seconde Guerre mondiale et représentant 70 kg de munitions, étaient posés à même le sol...
« Tous les jours, on a conscience du danger. Malgré nos connaissances, on ne maîtrise pas tout. Il ne faut jamais perdre de vue le risque », témoigne-t-il.

Chaque jour, le service de déminage est sollicité cinq à dix fois en moyenne. Un obus par-ci, un autre par-là, les démineurs sillonnent le département
pour leur collecte quotidienne. Ils interviendront dans quelques jours en canoë, pour repêcher cinq obus dans la rivière Serre.

Conseils de base réitérés au cueilleur de champignons et autres découvreurs d'obus : ne jamais les toucher, baliser le terrain et prévenir gendarmerie ou mairie.

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